Pour la première fois depuis 1960, Yopougon accueille le défilé de l'Indépendance, et ses habitants n'ont pas pu venir

ABIDJAN — C'était une fierté légitime. Après soixante-six ans passés à regarder le Plateau monopoliser les fastes de la fête nationale, la populaire commune de Yopougon a enfin accueilli, vendredi, le défilé officiel du 7-Août, en présence du président Alassane Ouattara, d'un imposant déploiement militaire et des délégations d'honneur venues de l'Inde, de la Guinée et du Gabon.
Pour l'occasion, la SOTRA avait modifié l'itinéraire de quinze de ses lignes du 2 au 7 août, et le 4ᵉ pont était resté fermé à la circulation du mercredi soir au vendredi 21 heures. Résultat : le Ballet national et le tambour parleur Djidji Ayôkwé ont défilé devant des tribunes officielles impeccables, pendant qu'une partie des Yopougonnais cherchait encore, depuis Niangon, par quel détour rejoindre sa propre commune.
« Nous voulions offrir à Yopougon une fête à la hauteur de son énergie », a déclaré un organisateur, en dépliant une carte comptant onze déviations, quatre corridors sécurisés et un unique rond-point resté praticable. Selon le décompte officiel, 5 423 participants avaient été mobilisés pour le cortège ; le communiqué ne précisait pas combien d'habitants avaient franchi les barrages pour les applaudir.
« On m'a dévié six fois pour un défilé qui célèbre la liberté de circuler, lâche Ismaël, chauffeur de gbaka à Yopougon. J'ai vu passer l'Inde, la Guinée et le Gabon. Ma commune, je l'ai ratée. »
⚠️ Cet article est satirique. Il s'inspire d'un fait d'actualité réel mais les propos, citations et rebondissements sont fictifs. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos