Panne au Simplon : les CFF précisent que leur ponctualité s'arrête au mètre 9 341 du tunnel

Samedi peu après 15 heures, la gare de Domodossola a accueilli 412 voyageurs qui n'avaient rien demandé. Le train parti de Milan à 13h10, attendu à Brigue à 15h14 puis à Lausanne, s'est immobilisé après une avarie sur les lignes de contact entre Varzo et Iselle. Des bus de remplacement ont été affrétés à partir de 16 heures, soit le temps nécessaire, selon un porte-parole, « pour établir que le problème ne nous appartenait pas ».
Dans une note diffusée en fin d'après-midi, la compagnie a formalisé sa doctrine : le savoir des CFF sur l'état des caténaires s'interrompt au mètre 9 341 du tunnel, là où passe la frontière. « En deçà, nous savons tout, y compris la température du fil de contact au dixième de degré », a expliqué un ingénieur du service Infrastructure. « Au-delà, nous n'émettons plus d'hypothèses. Ce serait de l'ingérence. » Un court-circuit repéré trois mètres plus au nord aurait, a-t-il tenu à préciser, « fait l'objet d'un communiqué en vingt minutes ».
Sur le quai 3, le chef de gare adjoint s'est retrouvé promu médiateur culturel entre 412 personnes et une administration invisible. Le haut-parleur, lui, a rempli son office en trois langues : l'annonce de 15h48 signalait en italien, en français et en allemand qu'aucune information n'était disponible, ce que plusieurs voyageurs ont salué comme un modèle d'équité linguistique. Une famille de Nyon a passé quarante minutes à comparer les trois versions pour vérifier qu'aucune ne contenait davantage de détails que les autres.
Assis sur sa valise, un habitant de Morges chronométrait le retard sur un carnet à spirale qu'il tient, dit-il, depuis 1998. « Ce n'est pas pour me plaindre, c'est pour l'archive », a-t-il précisé en notant 2 h 47. Le chef de gare adjoint, lui, a fini par ranger son porte-voix.
« Moi, je ne dis plus rien », a-t-il soupiré. « De toute la journée, la seule chose qui a franchi la frontière, c'est le retard. »
⚠️ Cet article est satirique. Il s'inspire d'un fait d'actualité réel mais les propos, citations et rebondissements sont fictifs. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos