Mobilité : le Gabon dépêche deux ministres à Abidjan pour étudier le modèle ivoirien, avec un rapport de mission attendu dans dix-huit mois

Le principe est d'une logique implacable : plutôt que d'inventer une solution, on va d'abord regarder comment fait le voisin. Deux ministres, une dizaine de conseillers et « un budget de mission maîtrisé » ont donc pris l'avion pour Abidjan afin d'observer, carnet en main, comment les Ivoiriens gèrent leurs carrefours. « Nous sommes venus apprendre », confie un membre de la délégation, photographiant un rond-point sous tous les angles.
Sur place, le programme est dense : visites de voies express, présentations de plans, échanges sur « les mécanismes de planification, de financement et d'entretien ». Chaque échangeur ivoirien est étudié avec le sérieux d'un chef-d'œuvre au musée. Un conseiller confie avoir pris 214 photos de bitume en une seule matinée, « toutes indispensables au dossier ».
À Libreville, l'annonce a été accueillie avec un mélange d'espoir et de patience. Les autorités promettent un rapport de synthèse « d'ici dix-huit mois », suivi d'un séminaire de restitution, puis d'un comité de réflexion chargé de réfléchir à la mise en œuvre de la réflexion. La mobilité, elle, attendra son tour, garée en double file.
Devant l'aéroport de Libreville, un chauffeur de taxi a suivi la nouvelle à la radio, coincé depuis vingt minutes derrière le même camion : « Qu'ils rapportent bien le modèle d'Abidjan. Moi, pendant ce temps, je garde ma place ici. Je ne bouge pas. »
⚠️ Cet article est satirique. Il s'inspire d'un fait d'actualité réel mais les propos, citations et rebondissements sont fictifs. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos