Le temple de la rigueur budgétaire annonce un nouveau hall pour mieux « associer le contribuable au projet » — via un ticket à 9 euros

Présenté comme « le poumon démocratique du Palais Bourbon », le nouveau pavillon prévoit 4 000 mètres carrés de verre, une boutique, une cafétéria, un espace pédagogique et, désormais, un guichet. « Nous avons entendu la colère sur la dépense publique », explique-t-on à la questure. « C'est pourquoi le contribuable ne financera plus ce hall : il le visitera. À 9 euros la visite, tarif réduit 6 euros, gratuit pour les élus. »
Selon une note interne consultée par Le Canular, l'amortissement est prévu « en 41 ans, sous réserve d'une fréquentation de 1,4 million de visiteurs par an, soit deux fois la population de Paris intra-muros venant chacune deux fois ». Le document précise que le bâtiment respectera « la norme RE2020, la norme accessibilité PMR, et la nouvelle norme AN-2026-sobriété, qui impose d'éteindre les lumières du hall dès que le contribuable est parti ».
Interrogée sur le décalage entre le discours d'austérité et l'ampleur du chantier, la présidence a maintenu sa ligne. « Je ne suis pas dépassée, je suis débordée », a-t-on nuancé, avant de préciser que « débordée » signifiait ici « pleinement en maîtrise, mais entourée ». Une cellule de communication de sept personnes a été constituée « pour expliquer que le projet est peu coûteux », pour un budget de communication « resté confidentiel par souci de sobriété ».
Sur place, on rassure : le pavillon de pierre de 1888 ne sera pas « détruit » mais « invité à laisser sa place », et ses moellons « valorisés » dans la boutique, sous forme de porte-clés à 12 euros. « C'est une démarche circulaire », insiste-t-on. « Le patrimoine finance le patrimoine qui l'a remplacé. »
Devant la grille, un huissier de l'Assemblée, trente-deux ans de maison, a contemplé le futur atrium sur la maquette. « Un hall à 52 millions pour accueillir les gens », a-t-il soufflé. « De mon temps, on ouvrait la porte. C'était gratuit et personne ne signait de pétition. »
⚠️ Cet article est satirique. Il s'inspire d'un fait d'actualité réel mais les propos, citations et rebondissements sont fictifs. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos