Le média satirique — 100 % fictif

Sport · 🇩🇿 Algérie

La Fédération algérienne de football officialise les règles du foot de quartier et reconnaît enfin le penalty rejouable autant de fois que nécessaire jusqu'à consensus général

Après des décennies de pratique sur les terrains vagues, la discipline reçoit un cadre écrit qui entérine des usages jusqu'ici transmis oralement, entre deux voitures garées.

Le nouveau règlement, présenté comme une œuvre de « codification patrimoniale », grave dans le marbre des principes que chaque enfant de Belouizdad, de Kouba ou d'El Harrach maîtrise avant même de savoir lacer ses crampons. On y retrouve l'article fondateur sur les buts délimités par deux cartables, la règle du gardien « c'est le plus petit », et la disposition très attendue autorisant à rejouer un penalty « autant de fois qu'il le faut pour que tout le monde soit d'accord ». Un cadre de la Fédération salue « la fin d'un flou juridique qui envenimait les fins de match depuis les années 80 ».

Le texte encadre aussi les situations les plus disputées. Le hors-jeu est officiellement supprimé, « faute d'arbitre et faute d'intérêt ». Le score, lui, reste valable même en cas de désaccord, à condition qu'aucun joueur n'ait crié « ça compte pas ». Une commission spéciale s'est en revanche déchirée sur le cas du ballon envoyé dans la cour de l'immeuble d'à côté, considéré par les uns comme une touche, par les autres comme une catastrophe diplomatique.

Interrogés sur le terrain, les principaux concernés accueillent la réforme avec un mélange de fierté et de méfiance. « C'est bien qu'on nous prenne au sérieux, mais s'ils commencent à mettre un vrai chrono, ça va tout casser », prévient un attaquant de douze ans, capitaine autoproclamé depuis qu'il est propriétaire du ballon. La Fédération se veut rassurante : la durée d'un match restera fixée par la seule autorité qui a toujours fait loi, à savoir l'appel d'une mère depuis un balcon.

Reste la question de l'arbitrage suprême. Sur ce point, le règlement renvoie à une jurisprudence bien établie : le match s'arrête définitivement quand le voisin du premier étage, dont la fenêtre a encore pris un ballon, descend confisquer le cuir. « Lui, il n'a pas besoin de fédération », résume un défenseur, déjà résigné.

⚠️ Cet article est entièrement fictif.

← Retour à l'accueil