La Lozère crée une ligne de bus, six arrêts et un horaire officiel pour applaudir une écharpe

Départ 16 h 30 de la gare routière de Mende, dessertes à Balsièges, Ispagnac, Florac, col de Jalcreste, Saint-Privat-de-Vallongue et Le Collet-de-Dèze : sur le papier, la fiche horaire diffusée jeudi ressemble à n'importe quelle ligne interurbaine du réseau départemental. À un détail près : son unique fonction est de conduire les Lozériens applaudir Miss Lozère à une finale régionale de beauté, à 118 kilomètres de là.
« C'est une desserte d'intérêt départemental comme une autre », explique un responsable du service des transports, qui assure avoir « étudié les cadencements » et « optimisé la rotation ». Le car, précise-t-il, peut embarquer quarante-quatre passagers, « soit quarante-quatre suffrages potentiels acheminés dans les meilleures conditions de sécurité ». La collectivité aurait mobilisé, selon nos informations, l'équivalent de trois réunions de commission pour valider le tracé.
Fort de ce précédent, le département envisagerait déjà de pérenniser la ligne sous le matricule 48-B, avec une fréquence « adaptée au calendrier des couronnements ». Une variante nocturne est à l'étude pour le retour, « au cas où le résultat justifierait une desserte de consolation ». Les arrêts, eux, resteront les mêmes, « par respect pour l'égalité des territoires ».
À la gare routière de Mende, tout le monde n'a pas saisi l'ampleur du dispositif. Assis sur le même banc depuis dix-sept ans en attendant le car de 16 h 40 pour Marvejols, Roland, retraité, a regardé le véhicule pavoisé s'ébranler sans lui. « J'ai demandé s'il passait par chez moi », soupire-t-il. « On m'a répondu que non, que celui-là, c'était pour la beauté. »
⚠️ Cet article est satirique. Il s'inspire d'un fait d'actualité réel mais les propos, citations et rebondissements sont fictifs. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos