Insolite · 🇩🇿 Algérie
La climatisation algéroise et sa fameuse goutte d'eau sur la tête des passants inscrites au patrimoine culturel immatériel
L'institution consacre un savoir-faire transmis de balcon en balcon depuis des décennies.
La distinction récompense « un art de vivre unique », selon le communiqué : celui du split accroché en façade, ronronnant au-dessus des trottoirs de Bab El Oued et de Belcourt, et de son inévitable filet d'eau qui bénit la nuque des passants en pleine canicule. « C'est un patrimoine vivant. Littéralement, il coule », s'est félicité un membre de la commission.
Les défenseurs du dossier insistent sur la dimension collective. « Personne ne sait jamais de quel étage vient la goutte. C'est ça, le mystère, c'est ça, le lien social », explique une habitante du quartier, qui dit reconnaître « au son » les climatiseurs de trois voisins. Un technicien du froid, figure respectée de la rue, redoute toutefois que le classement « complique les réparations » : « Maintenant, si je répare une clim, on va me dire que je touche au patrimoine. »
Des voix s'élèvent déjà pour élargir la reconnaissance à d'autres éléments du répertoire national : le ventilateur qui tourne la tête « comme s'il cherchait quelqu'un », et la rallonge multiprise « qui alimente tout l'appartement depuis une seule prise du salon ». La commission étudierait ces candidatures « avec sérieux ».
Sous une façade particulièrement active, un passant venait de recevoir la goutte réglementaire sur le crâne. Levant les yeux, puis haussant les épaules, il a simplement lâché : « Au moins, aujourd'hui, c'est officiel. »
⚠️ Cet article est entièrement fictif.