Gabon : pour le 17 août, Libreville sera prête à temps, à condition que le 17 août soit reporté

Sur le boulevard du bord de mer, on repeint, on ravale, on fleurit. Trottoirs recoulés, abribus flambant neufs, bandes blanches encore luisantes : Libreville se refait une beauté à marche forcée pour la séquence des cérémonies. Les rond-points ont retrouvé des massifs, les lampadaires une couche de gris anthracite, et les services municipaux une conviction simple : tout sera terminé le 17 août, ou peu après, ou disons dans la semaine.
« Nous sommes parfaitement dans les temps », assure un responsable de la voirie, casque sur la tête, devant une allée dont la peinture n'est « sèche qu'à 40 % ». « Il reste 96 heures et seulement 3 200 mètres de bordures à repeindre. À ce rythme, on finit large — enfin, on finit. » Derrière lui, une équipe pose du gazon en plaques qu'on arrose déjà pour qu'il ait l'air installé depuis toujours.
Interrogé sur la méthode, un spécialiste autoproclamé de l'aménagement express y voit « une école urbaine à part entière » : « Ailleurs, on construit une ville puis on l'inaugure. Ici, on l'inaugure d'abord, et la ville suit. C'est plus moderne. » Les habitants, eux, ont appris à reconnaître l'approche d'une fête nationale à un signe infaillible : l'odeur de peinture fraîche.
Reste le détail qui fâche les plannings : personne ne sait si les massifs fleuriront avant ou après le discours. Un jardinier municipal, arrosoir à la main, a tranché la question à sa façon.
« On plante aujourd'hui, ça fleurira quand ça voudra », lâche-t-il en tassant la terre. « Le principal, c'est que sur les photos, ce soit vert. »
⚠️ Cet article est satirique. Il s'inspire d'un fait d'actualité réel mais les propos, citations et rebondissements sont fictifs. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos