Finale de l'AfroBasket U18 à Abidjan : le pays hôte peaufine son dispositif, un maquis de Marcory reclasse ses chaises par ordre d'amitié entre les peuples

Les deux équipes se sont qualifiées samedi et sont assurées de disputer le Mondial de la catégorie l'an prochain, ce qui n'a strictement rien retiré à l'ambiance. Dès dimanche matin, les abords du Palais des sports de Treichville ont été investis par une catégorie de personnel non prévue au règlement de la fédération : les pronostiqueurs de quartier, qui opèrent debout, sans accréditation, et dont les analyses gagnent en assurance à mesure qu'elles s'éloignent du parquet.
À Marcory, le gérant d'un maquis de la rue du Canal a passé l'après-midi à réorganiser sa terrasse. Ses 142 chaises en plastique ont été redistribuées selon un plan qu'il qualifie lui-même de diplomatique : les habitués ivoiriens face à l'écran, la clientèle sénégalaise du quartier légèrement en biais mais avec vue dégagée, et une zone tampon de onze chaises au centre, occupée par des gens qui n'ont pas d'avis et à qui il a promis une réduction sur le poisson braisé pour qu'ils n'en prennent pas. « L'année dernière j'ai fait ça au hasard, explique-t-il. Cette année j'ai fait ça au plan. »
Le dispositif du pays hôte, lui, a été qualifié de complet par les organisateurs. Un vigile de la salle, en poste depuis quatre saisons, a été spontanément promu analyste tactique par la file d'attente, statut qu'il n'a pas contesté et qu'il exerce désormais à voix haute, en expliquant aux arrivants que tout se jouera « sur les vingt premières secondes de la deuxième mi-temps », affirmation que personne n'a été en mesure de vérifier et que tout le monde a répétée.
Devant l'entrée, une vendeuse d'attiéké installée là depuis quatorze ans a écouté le pronostic, puis rangé son tabouret d'un coup de pied pour laisser passer un car de supporters.
« Le basket, ça dure quarante minutes », a-t-elle dit sans lever la tête. « L'attiéké, ça dure jusqu'à demain matin. Moi je sais déjà qui gagne. »
⚠️ Cet article est satirique. Il s'inspire d'un fait d'actualité réel mais les propos, citations et rebondissements sont fictifs. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos