En RDC, l'État attribue son miracle budgétaire à une révolution nationale : le ticket de caisse

KINSHASA — Les recettes de la taxe sur la valeur ajoutée ont progressé de 17 % en trois mois, passant d'une moyenne de 290 à 340 milliards de francs congolais, a annoncé jeudi le ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, à la clôture des « cliniques fiscales » consacrées à la facture normalisée. Un résultat que le gouvernement attribue non pas au cuivre, ni au cobalt, ni au pétrole, mais à un modeste rectangle de papier que le commerçant est prié de tendre au client.
Devant un parterre de cadres, le ministre a solennellement « sifflé la fin des moratoires » et présenté le reçu de caisse comme « la plus grande avancée du pays depuis le bitume ». Une application permettra bientôt à chaque citoyen de vérifier, ticket en main, la conformité de son achat de beignets. « Celui qui réclame sa facture n'est plus un client : c'est un patriote », a résumé un conseiller, la main sur le cœur.
Dans les couloirs du ministère, on évoque déjà la création d'une brigade de 47 inspecteurs du zèle, chargés de féliciter les commerçants exemplaires et de distribuer des attestations de civisme fiscal. Au marché central de Kinshasa, où l'on vend depuis toujours à la voix et au carnet, la nouvelle a été accueillie avec la ferveur qu'elle mérite : c'est-à-dire poliment.
« On me dit que j'ai sauvé les finances de la nation en donnant des petits papiers, soupire Papa Kalala, vendeur de cartes de recharge à la Gombe. Le jour où l'État me remettra un reçu pour mes impôts, je le ferai encadrer. »
⚠️ Cet article est satirique. Il s'inspire d'un fait d'actualité réel mais les propos, citations et rebondissements sont fictifs. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos