Couvre-feu à Longuenée-en-Anjou : la mairie constate que les mineurs n'ont pas de montre

LONGUENÉE-EN-ANJOU — Instauré par arrêté le 1er août pour interdire aux mineurs de circuler seuls entre 22h et 6h, le couvre-feu de Longuenée-en-Anjou n'a produit, selon la commune, « aucun effet mesurable ». Après vérification sur le terrain, la mairie assure avoir identifié la cause : la plupart des adolescents concernés seraient dans l'incapacité de savoir quelle heure il est.
« On a affiché l'arrêté partout, sur le panneau de la place de La Membrolle, devant le stade, à l'arrêt de bus du Plessis-Macé », explique un adjoint chargé de la sécurité. « Mais quand on demande à un jeune s'il sait qu'il est 23h, il regarde son poignet et il n'y a rien. Le dispositif repose sur une donnée que personne ne possède. »
La municipalité, qui compte environ 6 500 habitants au nord d'Angers, étudie désormais l'installation d'une horloge municipale « lisible depuis la rue » et une distribution de montres à quartz aux familles de La Meignanne. Sur le terrain, la brigade de gendarmerie confirme la difficulté : « On les arrête à 2h du matin, on leur explique qu'ils sont en infraction, ils nous demandent l'heure qu'il est. On repart de zéro à chaque contrôle. »
Le maire n'exclut pas de prolonger la mesure au-delà du 30 septembre, le temps que la population « rattrape son retard horaire ». « De toute façon, même avec une montre, je saurais pas si c'est celle qui avance », soupire Théo, 16 ans, croisé à 4h près de l'arrêt de bus du Plessis-Macé.
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