Au Festival de Boukornine, une relecture électronique du chant populaire tunisien réconcilie enfin les générations dans la même sortie de secours

Dans le théâtre de plein air, au pied du djebel Boukornine, Si Béchir, 74 ans, avait pris sa place « comme chaque été depuis 1974 ». Venu, dit-il, « pour la voix et le oud », il a d'abord hoché la tête sur les premières mesures. Puis les machines se sont mises en marche. « J'ai cru que la sono tombait en panne », raconte-t-il. « On m'a expliqué que non : c'était le concert. »
L'organisation défend un pont assumé entre les époques. « Le patrimoine, ce n'est pas un musée, c'est vivant, il faut le brancher », résume un responsable culturel, satisfait. Selon un décompte maison, au troisième morceau, quatre spectateurs du premier rang dansaient, tandis que dix-sept autres cherchaient la sortie en s'excusant auprès des chaises.
Un habitué des gradins résume l'affaire : « Je suis venu écouter du malouf. Je repars avec trois basses logées dans la poitrine et le numéro d'un ostéopathe. » Deux rangs plus loin, un grand-père réclame « le remboursement de ses oreilles » ; on lui répond que c'était gratuit.
En coulisses, le technicien son enroule un câble sans se presser. « Depuis dix étés je monte la même sono sur cette colline », dit-il, résigné. « Avant, les vieux venaient pour la voix et me demandaient de monter le volume. Maintenant ils viennent pour vérifier que je le baisse. Je ne le baisse jamais. »
⚠️ Cet article est satirique. Il s'inspire d'un fait d'actualité réel mais les propos, citations et rebondissements sont fictifs. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos