À Locarno, le Festival garantit que chaque film partira à l'heure, tout retard remboursé au guichet

Devant 8 000 spectateurs installés en gradins sur la Piazza Grande, la 79e édition du Festival du film de Locarno a levé son écran géant à la seconde annoncée, mardi 5 août. Le film d'ouverture, *Les Yeux Verts* de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh, était programmé à 21h30 ; il a démarré à 21h30, et personne dans le public ne semblait s'en étonner.
« Un film qui commence en retard, ici, c'est comme un train qui manque sa correspondance : ça se sait, ça se raconte, et ça finit par un courrier », explique un membre fictif du comité d'organisation, désignant le tableau d'affichage lumineux installé à l'entrée de la place, où défilent les horaires de séance comme sur un quai de gare. Cette année, la direction a poussé la logique jusqu'au bout : un guichet de dédommagement, ouvert de 20h à minuit, propose 4 francs suisses par minute de retard, « générique de fin non compris ».
Sur la Piazza Grande, la remise du Prix d'excellence à l'invitée d'honneur du soir, longuement applaudie, a été chronométrée pour ne pas empiéter sur le début de la projection. Les organisateurs assurent avoir prévu une marge de 90 secondes « pour les émotions », au-delà de laquelle le régisseur est autorisé à lancer la bande-annonce. Le concert de l'après-midi, lui, s'était achevé à l'heure exacte, « comme d'habitude », précise l'orchestre.
À la fermeture du guichet de dédommagement, resté vide toute la soirée, une bénévole rangeait sa caisse sans lever les yeux : « Depuis quatre ans que je tiens ce comptoir, je n'ai remboursé personne. Un jour, ils commenceront un film en retard, et là, je serai enfin utile. »
⚠️ Cet article est satirique. Il s'inspire d'un fait d'actualité réel mais les propos, citations et rebondissements sont fictifs. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos