À Douala, les coupures programmées poussent Bépanda et Bonabéri à ouvrir un guichet municipal de la batterie pleine

Dans les secteurs de Bépanda, Bonabéri et Logbessou, la journée de coupure annoncée a été intégrée aux habitudes avec la précision d'un départ de bus quand le chauffeur a déjà rempli la moitié des places. Des familles ont sorti rallonges, multiprises et vieux chargeurs au nom effacé, tandis que des boutiquiers ont affiché au stylo « charge avant 6 h, discussion après 17 h » sur des feuilles collées près du comptoir.
Un chef de bloc de Bépanda affirme avoir recensé 84 téléphones, 19 lampes rechargeables et 3 petits ventilateurs qui « ne doivent pas paniquer ensemble ». Il propose des tickets numérotés pour éviter les querelles devant les prises encore alimentées. « Ce n'est pas parce que le courant part qu'il faut que l'ordre public parte avec lui », dit-il, en séparant les chargeurs Android, iPhone et ceux que personne n'ose identifier.
À Bonabéri, des moto-taximen ont adapté leurs courses matinales en ajoutant un arrêt obligatoire chez le cousin qui a un groupe électrogène. Un conducteur assure que le tarif reste normal, sauf pour les clients qui demandent de tenir le téléphone contre la prise pendant toute la recharge, « parce que ça devient presque une garde partagée ».
La Socadel n'est pas citée dans les initiatives de quartier, mais son planning a été relu avec l'attention réservée aux résultats d'examen et aux convocations administratives. Dans un call-box de Logbessou, la gérante a tracé trois colonnes sur un cahier : batteries pleines, batteries en négociation et batteries qui mentent à 12 %.
La gérante du call-box a finalement retiré une multiprise du comptoir pour la déclarer en pause syndicale.
⚠️ Cet article est satirique. Il s'inspire d'un fait d'actualité réel mais les propos, citations et rebondissements sont fictifs. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos